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L’écosystème des INM

L’écosystème des INM

Le siècle dernier a permis de découvrir les traitements de masse permettant de guérir un certain nombre de maladies organiques. Si cette logique a donné l’espoir de découvrir le traitement curatif de chaque maladie, force est de constater que de nombreuses maladies dites chroniques, évolutives et d’origine multifactorielle (épigénétique, comportementale, exposomique) y échappent: diabète de type 2, maladies cardio-vasculaires, maladies neuro-dégénératives, dépressions, maladies respiratoires, arthroses, cancers… Ces maladies se complexifient et se cumulent avec l’avancée en âge et toutes sortes de précarités. Le modèle un problème biologique – une solution bio-thérapeutique patine. Une maladie complexe impose des solutions multiples, à la fois préventives et thérapeutiques, personnalisées et ajustées au fil du temps. Pour ces maladies qui touchent un français sur deux, le curatif sans le soin et et sans la prévention n’a pas de sens. Le système de santé doit se réinventer. La santé doit devenir plus intégrative pour répondre aux attentes des patients toujours plus nombreux, des familles démunies, et des professionnels de santé aussi surmenés que désemparés.

Des solutions innovantes en santé, les INM

La mutation disruptive de notre système de santé est nécessaire, irrémédiable, indispensable, vitale, c’est selon. Elle va élargir l’arsenal des solutions pertinentes pour la santé, leur combinaison dans une médecine et une approche de la santé devenue personnalisée et intégrative. Les interventions non médicamenteuses (INM) vont y avoir un rôle majeur au cours de ce siècle. Elles se distinguent des médecines alternatives, des pratiques pseudo-scientifiques et des offres socioculturelles par une recherche en continu et une traçabilité systématique des pratiques. La Stratégie Nationale de Santé 2018-2022 invite à mieux les évaluer et les utiliser à bon escient. Les INM pertinentes prennent place dans la prévention, le soin et les traitements curatifs au côté des traitements biomédicaux réglementés. Des actions socioculturelles et environnementales y jouent aussi un rôle, mais ne suivent pas la même logique et temporalité évaluative (Ninot, 2019).

La Plateforme universitaire collaborative CEPS

Nous avons créé à Montpellier en 2011 la Plateforme CEPS, une plateforme universitaire collaborative, pour réfléchir aux meilleures méthodes d’évaluation des bénéfices et des risques des INM pour la santé, l’autonomie et la qualité de vie. Nous avions la conviction que cette réflexion devait être menée avec tous les acteurs de l’écosystème, chercheurs, praticiens, préventeurs, acteurs sociaux, usagers, décideurs, jeune ou moins jeunes, malades ou non malades, mais surtout ensemble. La Plateforme compte à ce jour 128 collaborateurs de 12 nationalités. La Plateforme propose un liste d’invariants méthodologiques pour toute étude évaluant une INM. La Plateforme a aussi créé en 2011 le congrès scientifique international sur les INM nommé l’iCEPS Conference. Sa 8ième édition se tiendra à Toulouse du 19 au 20 mars 2020. La Plateforme a développé avec le soutien de partenaires académiques (Europe, État, Région Occitanie, Métropole de Montpellier, Institut National du Cancer, SIRIC Montpellier Cancer, CARSAT Languedoc-Roussillon, Agence Régionale de Santé Occitanie) des outils numériques Open science destinés à aider celles et ceux voulant évaluer les INM:
– une classification des INM,
– un méta-moteur de recherche des publications d’études évaluant les INM nommé MOTRIAL,
– un annuaire international des institutions et des chercheurs spécialisés dans l’évaluation des INM nommé NIRI,
– une bibliothèque des publications d’études cliniques ou interventionnelles évaluant les INM en prévention et soin des cancers nommée INMCancer,
– un système de partage des ressources académiques sur les INM nommé NISHARE.

Depuis l’Appel de Montpellier en mars 2019

Construire l’écosystème des INM au profit de toutes et tous comme l’y invite la Haute Autorité de Santé depuis 2011 et l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 2013 par exemple dépasse largement les compétences et missions de la Plateforme CEPS. Aussi, nous avons lancé en 2019 avec cinq partenaires français (C2DS, CESP, CUMIC, GETCOP, OMNC) un appel aux décideurs français et européens, publics et privés, pour sortir des dérives actuelles (abus de faiblesse, exercice illégal, désinformation…). Nous l’avons intitulé l’Appel de Montpellier. Le document fait état d’un bilan et formule des propositions pour avancer. Un site Internet recueille les avis des usagers et des professionnels jusqu’au 10 mars 2020. Elles seront discutées lors du congrès iCEPS Conference dédié aux INM du 19 au 20 mars 2020 à Toulouse. L’objectif est de co-construire un argumentaire pour l’intégration des INM dans les parcours de soin-santé-vie, une liste de propositions innovantes sur la prise en charge des INM, un canevas de description des méthodes, une stratégie de traçabilité-surveillance des usages, des attendus sur les formations (initiale et continue) et des propositions règlementaires. Nous évaluerons l’impact de ces propositions en France à l’occasion du 9ième iCEPS Conference à Paris du 18 au 19 mars 2021, puis en Europe lors du 10ième iCEPS Conference à Bruxelles du 17 au 18 mars 2022, puis dans le monde lors du 11ième iCEPS Conference à Genève du 16 au 17 mars 2023.

La Classification des INM

En une vingtaine d’années, la recherche a permis d’isoler des méthodes efficaces et sûres pour la santé humaine, les INM. Elles se distinguent des médecines alternatives (ou médecines parallèles) et des offres socio-culturelles. Des scientifiques du monde entier les appellent des INM. Les professionnels disposent aujourd’hui d’INM mieux décrites, mieux validées, mieux ciblées, mieux dosées, mieux personnalisables, mieux combinables et mieux suivies. Elles se déclinent en 5 catégories et 21 sous-catégories comme le montre le schéma ci-après.


Pour en savoir plus

Un livre publié en 2019 chez Dunod donne plus d’informations permettant de comprendre l’essor des INM dans le monde. Il aborde leur périmètre, les raisons de cet engouement, leurs mécanismes d’action, leurs bénéfices, leurs risques, leurs modes d’utilisation, leurs usages et leurs évaluations.


Pour citer cet article du Blog en Santé ©

Ninot G (2020). L’écosystème des INM. Blog en Santé, A88.

© Copyright 2020 Grégory Ninot. All rights reserved.

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