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Médecines douces: Pourquoi 82 appellations différentes?

Médecines douces: Pourquoi 82 appellations différentes?

Les médicaments et les dispositifs médicaux ou DM disposent de cadres scientifique, réglementaire et économique établis. Pourquoi n’est-ce pas le cas pour les interventions non médicamenteuses ou INM? La multiplication des appellations en français entretient le doute sur leur pertinence pour santé et discrédite la légitimité des professionnels qui les conseillent ou utilisent. Une revue récente de la littérature francophone m’a permis d’identifier 82 appellations similaires, rarement synonymes. Voyez plutôt:

  1. actes de soin,
  2. actions de prévention santé,
  3. aides techniques,
  4. aides technologiques,
  5. allégations de santé,
  6. approches non médicamenteuses ou non pharmacologiques,
  7. auto-soins,
  8. câlinothérapies,
  9. complexes naturels,
  10. dispositif d’accompagnement,
  11. interventions complexes,
  12. interventions de santé publique (OMS, 2017),
  13. interventions de support,
  14. interventions non médicamenteuses ou INM,
  15. interventions probantes en prévention et promotion de la santé (SPF, 2019),
  16. interventions psychosociales,
  17. interventions santé (OMS, 2017),
  18. managements non médicamenteux ou non pharmacologiques,
  19. managements compréhensifs,
  20. médecines alternatives,
  21. médecines alternatives et complémentaires ou MAC,
  22. médecines anthroposophiques,
  23. médecines complémentaires,
  24. médecines complémentaires et alternatives ou MCA,
  25. médecines comportementales,
  26. médecines de santé,
  27. médecines douces,
  28. médecines du mode de vie,
  29. médecines holistiques,
  30. médecines intégratives,
  31. médecines naturelles,
  32. médecines non conventionnelles (Centre d’Analyse Stratégique, 2012),
  33. médecines parallèles,
  34. médecines préventives,
  35. médecines traditionnelles (chinoises, indiennes, amérindiennes…),
  36. médecines traditionnelles et complémentaires (OMS, 2018),
  37. mesures hygiéno-diététiques,
  38. méthodes de réhabilitation,
  39. méthodes de santé naturelle,
  40. méthodes non médicamenteuses,
  41. non pharmacothérapies,
  42. pratiques de soins non conventionnelles (Ministère de la Santé, 2017),
  43. pratiques en santé,
  44. pratiques psychocorporelles,
  45. pratiques soignantes complémentaires,
  46. produits naturels de santé,
  47. procédés non médicamenteux ou non pharmacologiques,
  48. protocoles non médicamenteux ou non pharmacologiques,
  49. remèdes de grand-mère,
  50. remèdes naturels,
  51. réhabilitations psycho-sociales (Plan Psychiatrie, 2011-2015),
  52. services à l’épanouissement de la personne ou SEP,
  53. soins adjuvants,
  54. soins centrés sur la personne,
  55. soins courants,
  56. soins de bien-être,
  57. soins de confort,
  58. soins de guérisseurs
  59. soins de santé,
  60. soins de support (Plan Cancer, 2009-2013),
  61. soins holistiques,
  62. soins intégratifs,
  63. soins intégrés,
  64. soins non conventionnels,
  65. soins paramédicaux,
  66. soins de réhabilitation psychosociale (Plan Psychiatrie et Santé Mentale, 2018-2023),
  67. solutions de santé intégrative,
  68. solutions intégratives de santé,
  69. solutions non médicamenteuses ou non pharmacologiques,
  70. stratégies non médicamenteuses ou non pharmacologiques,
  71. systèmes médicaux non médicamenteux,
  72. thérapeutiques non médicamenteuses ou non pharmacologiques,
  73. thérapeutiques non médicamenteuses validées (HAS, 2011),
  74. thérapeutiques complémentaires,
  75. thérapies complémentaires (Académie Nationale de Médecine, 2013),
  76. thérapies complémentaires personnalisées ou TCP,
  77. thérapies corps-esprit,
  78. thérapies psychosomatiques,
  79. thérapies non médicamenteuses ou non pharmacologiques,
  80. traitements complémentaires,
  81. traitements non médicamenteux ou non pharmacologiques
  82. traitements paramédicaux.

“82 appellations similaires, mais pas nécessairement synonymes.”

Gregory Ninot (2019)

Cette liste continuera de s’étendre. Mais jusqu’où? Qu’est-ce que cela cache? A qui profite de ce flou? Certainement pas aux personnes les plus fragiles, malades ou non. Mon dernier livre publié chez Dunod aborde le sujet.

Reste que cette liste couvre uniquement le domaine générique des pratiques. Elle ne va pas jusqu’aux pratiques, les intitulés des méthodes à proprement parler. Dès qu’on appréhende ce niveau ce détail, c’est-à-dire le protocole de mise en oeuvre (une INM par exemple), le nombre devient pléthorique, les confusions aussi. C’est la raison pour laquelle nous avons créé avec l’équipe de la Plateforme universitaire collaborative CEPS une classification dans le but d’inventorier toutes les méthodes, aidée en cela par des systèmes numériques.

Cet inventaire est utilisé par exemple dans un système ouvert recensant toutes les études interventionnelles et tous les essais cliniques en prévention et soin des cancers, INMCancer. Ce système numérique innovant a été soutenu par l’INCa et le SIRIC de Montpellier. Il est libre d’accès.


Références

Académie Nationale de Médecine (2013). Thérapies complémentaires: Leur place parmi les ressources de soins. Paris: Académie Nationale de Médecine.
HAS (2011). Développement de la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses validées. Paris: HAS.
Ninot G (2013). Démontrer l’efficacité des interventions non médicamenteuses: Question de points de vue. Montpellier: PULM.
Ninot G (2019). Guide professionnel des interventions non médicamenteuses. Paris: Dunod.


Pour citer cet article du Blog en Santé ©

Ninot G (2020). Médecines douces: Pourquoi 80 appellations différentes? Blog en Santé, L89.

© Copyright 2020 Grégory Ninot. All rights reserved.

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