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Pourquoi 69 appellations différentes?

Pourquoi 69 appellations différentes?

Les médicaments et les dispositifs médicaux (DM) disposent de cadres scientifiques, réglementaires et économiques établis. Pourquoi n’est-ce pas le cas pour les interventions non médicamenteuses (INM)? La multiplication des appellations entretient le doute sur la pertinence de ces pratiques destinées à la santé humaine et sur la légitimité des professionnels qui les utilisent. Une revue récente de la littérature francophone m’a permis d’identifier 69 appellations similaires, mais loin d’être toutes synonymes. Voyez plutôt:

  1. actes de soin,
  2. actions de prévention santé,
  3. aides techniques,
  4. aides technologiques,
  5. allégations de santé,
  6. approches non médicamenteuses,
  7. complexes naturels,
  8. dispositif d’accompagnement,
  9. interventions complexes,
  10. interventions de santé publique (OMS, 2017),
  11. interventions non médicamenteuses (INM),
  12. interventions probantes en prévention et promotion de la santé (Santé Publique France, 2019),
  13. interventions psychosociales,
  14. interventions santé (OMS, 2017),
  15. managements non médicamenteux,
  16. médecines alternatives,
  17. médecines alternatives et complémentaires (MAC),
  18. médecines anthroposophiques,
  19. médecines complémentaires,
  20. médecines complémentaires et alternatives (MCA),
  21. médecines comportementales,
  22. médecines de santé,
  23. médecines douces,
  24. médecines du mode de vie,
  25. médecines intégratives,
  26. médecines naturelles,
  27. médecines non conventionnelles (Centre d’Analyse Stratégique, 2012),
  28. médecines parallèles,
  29. médecines préventives,
  30. médecines traditionnelles (chinoises, indiennes, amérindiennes…),
  31. médecines traditionnelles/complémentaires (OMS, 2018),
  32. mesures hygiéno-diététiques,
  33. méthodes de santé naturelle,
  34. méthodes non médicamenteuses,
  35. pratiques de soins non conventionnelles (Ministère de la Santé, 2017),
  36. pratiques en santé,
  37. pratiques soignantes complémentaires,
  38. produits naturels de santé,
  39. procédés non pharmacologiques,
  40. protocoles non pharmacologiques,
  41. remèdes naturels,
  42. réhabilitations psycho-sociales (Plan Psychiatrie, 2011-2015),
  43. services à l’épanouissement de la personne (SEP),
  44. soins adjuvants,
  45. soins courants,
  46. soins de confort,
  47. soins de guérisseur,
  48. soins de support (Plan Cancer, 2009-2013),
  49. soins holistiques,
  50. soins intégratifs,
  51. soins intégrés,
  52. soins non conventionnels,
  53. soins paramédicaux,
  54. soins de réhabilitation psychosociale (HAS, Psychiatrie et Santé Mentale, 2018-2023),
  55. solutions de santé intégrative,
  56. solutions intégratives de santé,
  57. solutions non médicamenteuses,
  58. systèmes médicaux non médicamenteux,
  59. thérapeutiques non pharmacologiques,
  60. thérapeutiques non médicamenteuses validées (HAS, 2011),
  61. thérapeutiques complémentaires,
  62. thérapies complémentaires (Académie Nationale de Médecine, 2013),
  63. thérapies complémentaires personnalisées,
  64. thérapies corps-esprit (body-mind),
  65. thérapies psychosomatiques,
  66. thérapies non médicamenteuses,
  67. traitements complémentaires,
  68. traitements non pharmacologiques,
  69. traitements paramédicaux.

Cette liste va sûrement s’étendre. Qu’est-ce que cela cache? Qui profite de ce flou? Certainement pas les plus vulnérables. Mon dernier livre publié chez Dunod en parle.

Cette liste reflète uniquement les intitulés génériques des pratiques. Dès que l’on rentre dans les détails, c’est-à-dire au niveau des méthodes d’intervention ou INM, le nombre devient pléthorique, les confusions aussi. C’est la raison pour laquelle nous avons créé avec les équipes de la Plateforme universitaire collaborative CEPS une classification dans le but d’inventorier toutes ces méthodes. Cet inventaire est utilisé par exemple dans un système ouvert recensant toutes les études interventionnelles/cliniques en prévention et soin des cancers, INMCancer. Ce système numérique innovant est soutenu par l’INCa.


Références

Académie Nationale de Médecine (2013). Thérapies complémentaires: Leur place parmi les ressources de soins. Paris: Académie Nationale de Médecine.
HAS (2011). Développement de la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses validées. Paris: HAS.
Ninot G (2013). Démontrer l’efficacité des interventions non médicamenteuses: Question de points de vue. Montpellier: PULM.
Ninot G (2019). Guide professionnel des interventions non médicamenteuses. Paris: Dunod.


Pour citer cet article du Blog en Santé ©

Ninot G (2020). Pourquoi 69 appellations différentes? Blog en Santé, L89.

© Copyright 2019 Grégory Ninot. All rights reserved.

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