Bouger

Motiver à la pratique régulière d’activité physique

Motiver à la pratique régulière d’activité physique

Une méta-analyse compare l’efficacité de programmes visant à motiver des personnes sédentaires à s’engager dans une activité physique régulière et à la maintenir dans le temps.

Une méta-analyse anglaise de Foster et ses collaborateurs publiée dans la revue Cochrane Collaboration en 2009 compare, sur la base de 29 essais randomisés contrôlés, différentes stratégies d’interventions en activité physique qui encouragent des adultes sédentaires à devenir physiquement actif. Le résultat principal de cet engagement durable est le fait que les programmes soient supervisés par des professionnels.


Le rationnel de l’étude

Une activité physique régulière permet d’éviter et de soigner des maladies chroniques comme des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension, des diabètes, de l’obésité, des cancers et de l’ostéoporose. Par exemple, une activité physique régulière réduit de 30% le risque de maladies coronariennes ou cardiovasculaires par rapport à des individus qui ont des habitudes sédentaires. L’inactivité physique serait la cause de 22% des cardiopathies ischémiques. Les organismes de santé recommandent au moins 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée (5 à 7,5 kcal/min), 5 jours par semaine minimum pour obtenir un bénéfice sur la santé. Malgré ces recommandations connues de tous, seulement 37% des hommes et 25% des femmes les suivent en Angleterre.

L’inactivité physique est une des causes principales des maladies chroniques. Malgré ce risque, seuls un tiers des hommes et un quart des femmes en Angleterre pratiquent suffisamment d’activité physique. 

La question posée

Comment encourager des adultes sédentaires à pratiquer plus d’activité physique et de manière plus régulière?

La méthode

La méta-analyse de type Cochrane a retenu 29 essais randomisés contrôlés incluant des personnes âgées de plus de 18 ans sans problèmes médicaux antérieurs. L’analyse compare des interventions qui encouragent l’engagement dans une pratique d’activité physique régulière. Le suivi de l’intervention est d’une durée de 6 mois au minimum. La méta-analyse compile 11.513 participants, hommes et femmes en bonne santé. Leur âge est compris entre 18 et 95 ans. Les participants ont été recrutés dans 4 types d’établissements, des structures de soins primaires (médecin généraliste par exemple), des lieux de travail, des universités et des associations.

Les mesures principales concernent le niveau d’adhésion à l’intervention entre le début et la fin de l’intervention, le niveau d’activité physique déclaré par questionnaire et la capacité cardiorespiratoire. Les groupes interventionnels sont comparés à des groupes contrôle recevant un bilan de santé général et/ou une intervention minimale en activité physique.

L’intervention non médicamenteuse (INM) testée

La durée des programmes d’activités physiques adaptées testés était de 6 mois au minimum. Ils étaient conduits par des médecins, des infirmières, des éducateurs de santé et/ou des professionnels en activité physique selon les études. L’activité physique était de type endurance à intensité modérée et/ou intense de 150 minutes par semaine. L’intervention pouvait être de trois types:
– non supervisée et indépendante dans laquelle le participant choisi lui-même l’activité physique qu’il préfère pratique sans suivi par un professionnel de santé,
– mixte correspondant à un choix individuel du participant pour une activité physique combinée à des conseils et à un suivi par des professionnels de santé,
– structurée et supervisée dans laquelle le participant réalise une activité physique prescrite et suivie par un professionnel de santé.

Les résultats principaux

La méta-analyse montre un effet positif modéré des interventions sur le niveau d’activité physique auto-rapporté par les individus par rapport aux groupes contrôle. Le temps d’activité physique hebdomadaire gagné est en moyenne de 90 minutes après l’intervention, quel que soit son type. Un suivi téléphonique est bénéfique pour maintenir le changement de comportement lié à l’activité physique. Les résultats montrent un bénéfice significatif mais moyen sur les capacités cardiorespiratoires à court et moyen terme. Par contre, l’efficacité à long-terme de ces interventions n’a pas pu être évaluée car la majorité des études s’arrêtaient à 12 mois. De plus, les interventions étaient trop hétérogènes pour montrer des différences entre les 3 types analysés.

Le temps d’activité physique augmente de 90 minutes par semaine après 6 mois d’intervention supervisée par un professionnel.


Le message pour le grand public

Deux heures et demi de pratique d’activité physique d’intensité modérée par semaine pour tout adulte comme le recommandent les grands organismes de santé est plus facile à dire qu’à faire. Un programme supervisé par un professionnel d’une durée de 6 mois augmente de 90 minutes en moyenne par semaine la pratique d’activité physique des personnes sédentaires. Ce bénéfice persiste au moins une année. Il réduit ainsi considérablement les risques de maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires et coronariennes.

Le message pour les professionnels

Atteindre au minimum les 150 minutes hebdomadaires de pratique d’activité physique d’intensité modérée pour tout adulte comme le recommandent les grands organismes de santé n’est pas aussi facile que cela. Un programme supervisé d’une durée de 6 mois augmente en moyenne de 90 minutes la pratique d’activité physique au bout d’une année. Si les données actuelles ne permettent pas d’identifier un programme plus favorable qu’un autre, elles montrent en revanche la nécessité d’orienter les pratiquants vers des professionnels qualifiés et spécialisés.

Le message pour les chercheurs

La mise en place d’un programme d’engagement à l’activité physique régulière des individus sédentaires obtient un effet significatif mais modéré selon cette méta-analyse incluant 29 essais randomisés contrôlés. Le niveau de preuve est limité à cause de la difficulté à recruter des personnes motivées et des problèmes de mesure de l’activité physique par questionnaire insuffisamment précise. Les auteurs recommandent dans les futurs essais cliniques des analyses coût-efficacité et de tenir compte des niveaux socio-économiques et des appartenances ethniques des participants. Des études sont également nécessaires pour déterminer quel type d’intervention motive davantage les participants à long terme, à domicile ou en établissement de santé, par téléphone ou en face à face, en groupe ou en individuel.

Le message pour les décideurs

En Angleterre, 63% des hommes et 75% des femmes ne suivent pas les recommandations internationales en matière d’activité physique hebdomadaire. La sédentarité augmente fortement le risque de développer des maladies chroniques dont les coûts de prise en charge explosent. Cette méta-analyse montre que des programmes supervisés par des professionnels formés d’une durée de 6 mois permettent d’augmenter de 90 minutes par semaine la pratique d’activité physique, et que ce bénéfice persiste au moins une année.


La référence

Foster C, Hillsdon M, Thorogood M (2009). Interventions for promoting physical activity. Cochrane Database of Systematic Reviews, 1, CD003180.


Articles similaires du Blog en Santé ©

Sur le même thème

Sur le même public

Sur la même intervention non médicamenteuse


Pour citer cet article du Blog en Santé ©

Ninot G (2015). Motiver à la pratique régulière d’activité physique. Blog en Santé, A43.

© Copyright 2015 Grégory Ninot. All rights reserved.

One thought on “Motiver à la pratique régulière d’activité physique
  1. Josè says:

    On peut jamais espérer un amaigrissement ou une tenue correcte de son corps sans se mettre à une activité physique, légèrement intense au minimum, avec un rythme régulier. La pratique du sport est aussi nécessaire pour entretenir le résultat d’une intervention de chirurgie esthétique et l’étaler sur le long terme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *