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Toutes les activités physiques ne se valent pas en matière de bénéfice santé

Toutes les activités physiques ne se valent pas en matière de bénéfice santé

L’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) a publié un rapport qui propose une harmonisation internationale en cinq niveaux de l’intensité de la pratique d’une activité physique.

L’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) s’appuie sur la littérature scientifique pour proposer une distinction des valeurs d’intensité d’effort sur cinq niveaux : (1) très faible, (2) faible, (3) moyenne, (4) élevé et (5) très élevé. Cette distinction permet d’aider les professionnels et les pratiquants à caractériser la dose d’activité physique (nature de l’activité physique, fréquence, durée et intensité), notamment dans les études interventionnelles.


Le rationnel

Les concepts d’intensité, de durée et de fréquence de pratique d’activité physique sont régulièrement utilisés dans la pratique comme dans la recherche. Si la fréquence (nombre de séance hebdomadaire, mensuelle ou annuelle) et la durée (nombre de minutes par séance) se comprennent aisément, la notion d’intensité peut paraître plus floue. A quoi correspond-elle? Quelle unité de mesure utiliser? Doit-on préférer un indicateur physiologique comme une dépense énergétique ou une échelle subjective de perception de l’effort?

La question posée

Peut-on disposer d’une table de correspondance entre une dépense métabolique et une perception d’effort qui permettrait d’harmoniser la manière de quantifier l’intensité d’un effort physique?

La méthode

L’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) a demandé une expertise collective sur la question posée. Le rapport a été publié en 2006. Les conclusions s’appuient sur les recommandations d’une société savante, l’American College of Sports Medicine et d’une conférence internationale tenue en 2000 sur la dose-réponse.

Les  principales conclusions

L’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) propose une harmonisation des valeurs d’intensité d’effort basée sur la Puissance Aérobie de Réserve (PAR) et l’échelle de perception de l’effort (EPE). Cinq niveaux d’intensité de la pratique d’activité physique sont obtenus : très faible (PAR < 20%, EPE < 10 «très très léger à très léger»), faible (PAR = 20-39%, EPE = 10-11 «assez léger»), moyenne (PAR = 40-59%, EPE = 12-13 «quelque peu difficile»), élevé (PAR = 60-84%, EPE = 14-16 « difficile »), très élevé (PAR ≥ 85%, EPE = 17-19 « très difficile et très, très difficile »). La PAR correspond à la puissance aérobie maximale (PAM), moins le métabolisme de repos (1 MET). Si, par exemple, un individu a une PAM de 10 METs, sa PAR est équivaut à 10 METs moins 1 MET soit 9 METs. Ce sujet dispose de 9 METs de réserve ou de marge de manœuvre. Un MET est une unité de mesure d’intensité qui équivaut à l’intensité «minimale» soit : être assis, au repos. On se sert de multiples de la valeur minimale (1 MET) pour mesurer l’intensité d’un effort physique. L’EPE est une graduation de la perception d’un effort cotée de 6 (minimum ou «très très léger») à 20 (maximum ou «maximal»). L’EPE est issue des travaux de Borg. Cette distinction en cinq niveaux permettra d’aider les praticiens et les chercheurs à préciser l’intensité de l’effort d’un sujet et ainsi à quantifier la dose d’activité physique dans les études interventionnelles (nature de l’activité physique, fréquence, durée et intensité). Autrement dit, les chercheurs s’attendent à des bénéfices physiologiques et psychologiques différents en fonction de l’intensité de la pratique d’une activité physique. L’intensité est sensée faire appel à des voies métaboliques et psychologiques différentes. La pratique peut donc être ajustée en fonction des manques ou des visées d’amélioration des pratiquants.


Le message général

Apprendre à distinguer cinq niveaux d’effort est utile dans une démarche de prévention ou de réhabilitation. Pratiquer à un niveau d’effort élevé (> 6 METs, PAR = 60-84%, EPE ≥ 15 «difficile») est bénéfique pour la santé. Ceci étant dit, la régularité (et donc la fréquence) est encore plus prioritaire. Le rapport souligne également que l’activité physique quotidienne dépasse la seule pratique d’un sport ou d’une séance de gymnastique. Les tâches ménagères, le jardinage, un travail physique, la marche (…) doivent être inclus dans le calcul de la dose d’activité physique, bref tout mouvement corporel qui va au delà d’une position allongée ou assise au repos.

Le message pour les professionnels

Apprendre aux pratiquants à distinguer cinq niveaux d’effort est utile dans une démarche de prévention ou de réhabilitation. Pratiquer à un niveau d’effort élevé (> 6 METs, PAR = 60-84%, EPE ≥ 15 «  difficile ») est bénéfique pour la santé. Ceci étant dit, la régularité (et donc la fréquence) est encore plus prioritaire. Le rapport souligne également que l’activité physique quotidienne dépasse la seule pratique d’un sport ou d’une séance de gym. Les tâches ménagères, le jardinage, un travail physique, la marche (…) doivent être inclus dans le calcul de la dose d’activité physique.

Le message pour les chercheurs

Une définition de l’intensité d’activité physique a été proposée par l’American College of Sports Medicine en 1998. Cette définition retenue par la conférence internationale en 2000 sur la dose-réponse (Kasaniemi et al., 2001) vise à standardiser les qualificatifs associés à différents niveaux d’intensité. Cette distinction permet d’aider les chercheurs à quantifier la dose d’activité physique dans les études interventionnelles (nature de l’activité physique, fréquence, durée et intensité). 

Le message pour les décideurs

Distinguer les valeurs d’intensité d’effort sur cinq niveaux (très faible, faible, moyenne, élevé et très élevé) permet de mieux saisir ce concept abstrait. Cette définition retenue par une conférence internationale en 2000 sur la dose-réponse permet de standardiser les qualificatifs associés à différents niveaux d’intensité et d’aider à la caractérisation de la dose d’activité physique en recherche comme en pratique clinique.


La référence

Institut National de Santé Publique du Québec (2006). Intensité de pratique d’activité physique. Définitions et commentaires. Montréal : INSPQ.


Pour citer cet article du Blog en Santé ©

Ninot G (2014). Toutes les activités physiques ne se valent pas en matière de bénéfice santé. Blog en Santé, A14.

© Copyright 2014 Grégory Ninot. All rights reserved.

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